La Libération du Gard

Publié le par Julien Ruiz Durand

Série La Libération du Gard 1/5

 

La Libération de Nîmes

 

 

 

Nîmes, fut libérée le 25 Août 1944, Le Gard est le dernier département de la région à être libérée. Nîmes a eu une libération particulière, en effet, c'est un maquis composé en partie d'antifascistes allemands réfugiés dans le Gard, qui assure la protection de la ville, alors que l'ensemble des troupes allemandes n'a pas encore quitté la région. Martin KALB et Max DANKNER témoignent de leurs coup de sang entre le 20 et le 23 août 1944.

 

«  Notre direction militaire décida de prendre la ville de Nîmes par un coup de main. Nîmes avait une valeur stratégique en tant que nœud ferroviaire des lignes partant du Sud en direction du Nord. […]

On avait appris que l'armée allemande voulait, avant son départ, détruire certains secteurs de cette ville et quelques objectifs industriels importants des environs. Afin de l'en empêcher et d'éviter les routes empruntées par la Wehrmacht, la Résistance, en collaboration avec des cheminots français, mena à bonne fin l'audacieuse entreprise suivante. C'est dans une gare, entre Alès et Nîmes – à Saint-Hilaire-de-Brethmas –, que ce 23 août, tard dans la soirée, nous sommes montés dans des wagons de marchandises. […] Et c'est ainsi qu'un bataillon de cinq compagnies, enfermés dans les wagons d'un train de marchandises déclaré comme transport de la Wehrmacht, fut dirigé sur Nîmes au nez et à la barbe des postes allemands. […] De bon matin, nous sommes entrés dans Nîmes. […] Nous avons alors appris que les nazis s'étaient retirés pendant la nuit. […] Norbert BEISÄCKER descendit l'emblème à croix gammée qui flottait au fronton surmontant le portail et hissa à sa place le drapeau tricolore. Une centaine de personnes qui s'étaient rassemblées chantèrent La Marseillaise. Des Nîmois, nous entendant parler entre nous dans notre langue, furent effrayés et se demandèrent ce qui se passait : les Allemands étaient-ils encore là ou non ? Cependant, quelques-uns d'entre eux nous accostèrent et nous demandèrent si nous étions pas plutôt des camarades de THÄLMANN . Comme nous leurs avons répondu affirmativement, en précisant que nous étions des anciens combattants d'Espagne, nous avons été fêtés à nouveau tout particulièrement […]. Sur ces entrefaites, une colonne motorisée de la Whermacht déboucha de la rue d'Uzès. La population se dispersa comme par enchantement et Richard HILGERT et Hermann LEIPOLD tirèrent sur les soldats fascistes à la mitrailleuse. […] Ils devaient être mitraillés encore à deux reprises dans la ville par des camarades polonais et italiens, et finalement stoppés. »

 

in Resistance-Erinnerungen deutscher Antifaschisten,

Dora SCHAUL, éd. Dietz, 1973.

 

 

Des cérémonies ont lieu demain samedi 25 août a Saint-Gilles et Nîmes.

Publié dans Comité de Nîmes

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