La Libération du Gard

Publié le par Le Souvenir Français - Délégation Gardoise

Série La Libération du Gard 4/5

 

La Libération de Pont-Saint-Esprit

 

Soixante-huit ans se sont écoulés depuis l'été 1944. Un gouffre dans les mémoires locales. À Pont, le 15 août évoque un douloureux moment avec son cortège de victimes du bombardement aérien de 1944. Ce jour-là, dans le cadre d'une opération stratégique, tous les axes de franchissement du Rhône étaient la cible des bombardiers des armées de Libération du territoire. L'arche marinière a été détruite et un quartier entier mis en ruine ainsi que d'autres secteurs touchés.


La ville, occupée par l'armée allemande et quelques unités italiennes depuis novembre 1942, vivait au ralenti. Pire, depuis mars 1944, une section de la 8e compagnie du 3e régiment de la Division Brandenbourg, occupait le groupe scolaire des jeunes filles (école Jean-Jaurès). Ces troupes en uniformes waffen SS, constituées de collaborateurs français, anciens francs-gardes miliciens, ou repris de justice reconvertis grassement rétribués, traquaient les maquisards, interrogeaient la population, fouillaient, arrêtaient et torturaient, notamment dans l'ex-citadelle proche du Rhône.


La population vivait malgré la pénurie et les restrictions. Les registres des délibérations de la commune attestent de ce phénomène, à commencer par le manque de papier. Le 5 février 1944, le secrétaire de séance notait, en bordure du registre : "En l'an 1944, l'impossibilité de se procurer un registre de délibérations, par suite de la pénurie de papier, nous a mis dans l'obligation de continuer d'enregistrer les délibérations du conseil municipal sur les 30 pages prévues pour la table des matières".


Le même mois, l'impossibilité de réparer la mairie (actuel musée Paul-Raymond) engageait les élus à déménager et à louer, place Saint-Michel, un immeuble destiné au secrétariat public, à la police, à la corporation paysanne. En mai 1944, face à la réalité : "Considérant que les arrivages de farine au centre de répartition persistent à conserver une cadence irrégulière par suite de la pauvreté de nos moyens de transport", un arrêté du maire (Louis Flandin) prévoyait : "La ration journalière de pain pourra être ramenée provisoirement à un taux inférieur à celui normalement fixé". Un arrêté refusé par le préfet du Gard, Angelo Chiappe : "Cet arrêté est irrégulier. Vous devez vous en tenir strictement aux instructions ministérielles...". Il faut savoir que ledit préfet fut à la Libération, jugé devant une Haute Cour à Nîmes, condamné et exécuté.


À cette époque, seule la pénurie des plus démunis est affichée. Même le débarquement qui a lieu en Normandie est absent des registres.


Et c'est finalement un 27 août 1944 que Louis Réveillou agit avec l'avant-garde des véhicules blindés du 2e Spahis (lire ci-dessous), tandis qu'une nouvelle équipe, à Montpellier, rue d'Alger, prend les commandes d'un journal. Le Midi Libre qui paraît, avec son n° 1 dans un format proche du format A3, sur une seule page recto verso. L'ancien quotidien L'Éclair disparaît à cette date. Imprimé sur un papier de mauvaise qualité, le journal accompagne ainsi, ce 27 août 1944, la Libération de Pont-Saint-Esprit.

 

D'après Midilibre.com

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