Sortie des collégiens de Génolhac à Ouradour-sur-Glanes et Paris

Publié le par Comité de Génolhac

Sortie 

Ici, sous l'Arc de Triomphe à Paris, lors de la cérémonie du 8 mai. (© D.R)

 

 

 

"Quand j'aurai des enfants, je les amènerai à Oradour-sur-Glane". C'est ce que dit avec force et gravité Anaïs, approuvée par Jade et Hugo, ses camarades de 3e au collège de la Régordane.


Dans une émouvante interview réalisée en présence de Patrice Fabrigoule leur professeur d'histoire (qui les a bien préparés à la douloureusevisite), ils confient très spontanément leur angoisse et leur stress grandissants à l'approche du village martyr de Haute-Vienne.


Le professeur les laisse découvrir en petits groupes, sous la pluie, les ruines silencieuses… Ils disent ne pas avoir ressenti une reconstitution, mais des rues, des maisons presque encore habitées. La machine à coudre, le lit au milieu des pans de murs noircis les émeuvent. Ces trois adolescents sont reconnaissants au collège, soutenu par deux associations d'anciens combattants (Fondation André-Maginot et Souvenir français), d'avoir programmé ce séjour sur le thème de la mémoire des guerres et de leurs atrocités.

Hugo dit ne pas avoir supporté d'entrer dans l'église où femmes et enfants furent exterminés après la mort des hommes et des jeunes gens (au total 646) du village de 1 600 habitants. Anaïs et Jade racontent la cloche fondue, la petite fenêtre de l'évasion de la seule femme rescapée.

 

Cette émotion a été ressentie dans les autres lieux visités pendant les quatre jours du voyage : la flamme du Soldat inconnu à l'Arc de Triomphe à Paris, les a troublés (90 ans après, dit Hugo, on pense encore à tout ça) ; ils font la rencontre fortuite et chaleureuse du ministre australien des Anciens combattants, profitent d'un protocole particulier qui les fait toucher du doigt la notion d'hommage mais aussi la joie de l'ancien au contact de jeunes français dans cette mission du devoir de mémoire. Ils sont tous les trois intarissables sur le Mur des Justes (encore l'émotion à l'état brut en découvrant le nom de Vialas parmi des milliers !), sur le Mémorial de la déportation avec ses millions de
grains de sable et son couloir sans fin…


Le retour par le Massif Central les fait s'arrêter au Mont Mouchet, monument commémoratif et rencontrer, là aussi par hasard, un vétéran des combats (il avait 14 ans lorsque le maquis a été exterminé) et réaliser avec lui la volonté farouche de réconciliation de l'homme européen. Une vraie pédagogie de la sensibilité et de l'exigence de la mémoire parfaitement concrétisée par ces quelques vers écrits par un des élèves de la classe … Ce village demande de se repentir, je suis obligé de me le remémorer, dans cet endroit chargé de souvenir, on sent la tristesse nous envahir, mais tandis que l'oubli est la répétition, le souvenir est la prévention.

 

Midi Libre, 22 mai 2012

Publié dans Comité de Génolhac

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article